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La
République de Cuba
L’occupation
américaine de Cuba
Lorsque
le pouvoir de Cuba fut transféré aux Etats-Unis, ceux-ci mirent en
place un gouverneur : le général John R. Brooke. Il mit en place
un gouvernement civil et divisa l’île en sept départements, tous
dirigés par des gouverneurs américains. De plus, il créa une Garde
rurale et des forces de police, et un système judiciaire basé sur
celui d’Espagne. Par la suite, il fit en sorte d’éliminer le Parti
révolutionnaire cubain, l’Armée de Libération et l’assemblée
représentative du peuple cubain armé (qui était au pouvoir dans les
territoires gagnés aux Espagnols lors de la dernière guerre d’indépendance
). Il fit alors un recensement, et réalisa que la population cubaine
avait subi de lourdes pertes et qu’elle vivait dans de mauvaises
conditions. Le gouverneur décida donc de stimuler l’économie
cubaine, avec l’aide des Etats-Unis. Par la suite, une vaste vague
d’immigration américaine déferla sur l’île, amenant plusieurs
compagnies américaines, comme la United Fruit Co. à investir dans l’économie.
De plus, le gouvernement américain, soucieux d’avoir une belle image
aux yeux des Cubains, mit en place une série de mesures sociales visant
à améliorer les conditions des habitants.
La
population cubaine craignant l’annexion, le Président américain
McKinley annonça que l’occupation américaine n’était que
temporaire, et déclencha des élections municipales à Cuba, afin que
les Cubains aient leur propre gouvernement. En juillet 1898, il y eut
ces élections, et en septembre il y eut l’élection des délégués
à l’Assemblée constituante, qui signa la constitution de la République
en février 1901. Puis, le gouvernement américain accepta la
transmission des pouvoirs à Cuba, à condition que l’amendement Platt
soit passé. Cet amendement donnait le droit aux Etats-Unis
d’intervenir militairement à Cuba si la souveraineté du pays était
compromise, ou si la vie, les droits
et les propriétés des Cubains étaient menacés. De plus, il
excluait l’île des Pins (voir Île de la Jeunesse), et plusieurs îles
des pouvoirs cubains. L’Assemblée constituante n’eut d’autre
choix que d’accepter cet amendement, même si la population cubaine était
contre. Cuba devint une alors une république. On fixa la date
pour les élections présidentielles le 31 décembre 1901 et la course
pour la présidence commença entre deux candidats : Tomás Estrada
Palma et Bartolomé Masó. Le premier était un défenseur des
Etats-Unis, et le deuxième était un fervent défenseur de l’entière
souveraineté du pays. Les Etats-Unis n’admirent pas Bartolomé Masó
aux élections et favorisèrent la candidature de Tomás Estrada Palma.
Comme il n’avait pas d’adversaire, il gagna les élections par défaut.
Le
gouvernement de Tomás Estrada Palma
Comme
Tomás Estrada Palma était un citoyen américain, celui-ci s’arrangea
pour que la République ait des relations privilégiées avec les
Etats-Unis. En 1903, il signa un traité de réciprocité avec les États-Unis. Les produits inscrits dans ces accords étaient
généralement produits par des investisseurs américains
à Cuba. Donc, les plus avantagés dans ces accords furent les
Etats-Unis. En plus du traité de réciprocité, on signa un traité des
relations entre les deux pays voisins. Cuba acceptait donc de louer des
territoires aux États-Unis, et la fin de ce traité ne serait possible
qu’avec une entente des deux pays participants. Les territoires loués
étaient : la baie de Bahía Honda dans la province de Pinar del Río,
abandonnée quelques années plus tard, et la baie de Guantanamo, où
les Etats-Unis construisirent une base navale permanente. À cette époque,
la majorité des capitaux provenaient de l’Angleterre, la puissance économique
mondiale, mais les capitaux américains ne cessèrent d’augmenter,
tout comme la puissance mondiale des Etats-Unis. Tomás Estrada Palma se
fit critiquer par la population qui l’accusait de faire peu
d’investissements dans les travaux publiques, malgré les budget
constamment en surplus et les taxes élevées. De plus, on accusait son
gouvernement d’encourager la discrimination raciale. En 1902, il y eut
deux soulèvements armés contre le président Palma, et en 1903, les
premières organisations marxistes furent crées. En prévision des
prochaines élections, Palma décida de se représenter par
l’entremise du Parti Modéré. Son opposant, José Miguel Gómez, représentait
le Parti Libéral. Les élections étaient prévues le 23 septembre
1905, et Palma tenait absolument à un deuxième mandat. On assassinat
le député libéral de Las Villas, Enrique Villuendas. Le Parti Libéral
décida de se retirer de la course présidentielle et Tomás Estrada
Palma gagna une seconde fois par défaut. En août 1996, les libéraux
organisèrent des soulèvements armés, et le président demanda
l’intervention militaire américaine. Le 29 septembre 1906, William H.
Taft fut nommé Gouverneur provisoire de Cuba.
La
seconde occupation militaire américaine
Durant les
deux années de l’occupation, le gouvernement provisoire fut accusé
d’être corrompu, de gaspiller les fonds publiques et de faire preuve
de répression envers les associations de travailleurs. On élabora
plusieurs lois complémentaires à la constitution, relative à
l’organe judiciaire, au service civil, à l’autonomie des
municipalités et on rendit le suffrage universel. Après, on
organisa les élections municipales et provinciales, qui eurent lieu le
1er août 1908, et le 4 novembre 1908 on élit un nouveau président.
Les deux candidats étaient Mario García Menocal du Parti Conservateur
et José Miguel Gómez du Parti Libéral. Le Parti Libéral remporta les
élections.
Les
libéraux-conservateurs au pouvoir
Durant les années
qui suivirent, trois libéraux-conservateurs furent élus présidents :
José Miguel Gómez, Mario García Menocal et Alfredo Zayas. Ces trois
gouvernements furent accusés de corruption, et d’être répressifs
envers les ouvriers, ce qui popularisa les organisations à caractère
socialiste. Tous étaient pro-américains, et conséquemment le capital
américain continua à prendre de l’importance, jusqu’à devenir
plus important que le capital anglais. Durant le mandat de Gómez, on
encouragea un projet américain visant à construire un canal séparant
Cuba en deux. Le projet tomba à l’eau, mais les Etats-Unis financèrent
la construction d’écoles, de routes et d’hôpitaux sur l’île.
Le mandat de Mario García Menocal fut marqué par la première
Guerre mondiale. Lors de la guerre, Cuba apporta un support (peu
important) aux Etats-Unis. Aussi, comme les champs de betteraves à
sucre furent dévastés en Europe, la demande de sucre cubain augmenta.
La Grande guerre influença aussi l’économie à cause de
l’inflation, causée par la rareté de certains produits. Ainsi, il y
eut inflation mais les salaires ne furent pas indexés. Aussi, plusieurs
banques devinrent surendettées. Un autre événement marquant du
mandat de Mario García Menocal fut la création de la première monnaie
nationale en 1915. Le
mandat d’Alfredo Zayas fut plutôt court, et il fut sans aucun doute
un des plus corrompus de l’histoire cubaine. En effet, le président
gagna, durant son mandat, deux fois le gros lot de la loterie
nationale… Durant son mandat, on dit que la personne dirigeant réellement
le pays est Enoch H. Crowder, un représentant des Etats-Unis. Celui-ci
menaça le pays plusieurs fois d’imposer des sanctions économiques et
de faire une intervention militaire si les recommandations qu’il
faisait n’étaient pas respectées. Son mandat fut aussi marqué par
les revendications populaire, qui étaient influencés par les
mouvements russes nouvellement au pouvoir de la Russie (Révolution
russe 1917). Aussi, on créa la Fédération étudiante universitaire
(FEU) et le Parti Communiste Cubain (PCC). Les femmes commencèrent à réclamer
leur droit de vote. De plus, les syndicats devinrent de plus en plus
actifs et commencèrent à exposer leurs vues socialistes. La première
confédération de syndicats cubains fut créée, le CNOC. Il y eut des
élections présidentielles en 1924 et le général Gerardo Machado y
Morales fut élu, il rentra au pouvoir en 1925.
Le
gouvernement de Machado et la révolution de 1933
Machado fut élu,
surtout pour sa promesse d’apporter de l’eau courante, des routes et
des écoles partout au pays. Dès le début de son mandat, il fit un
voyage aux États-Unis pour démontrer son intérêt à maintenir les
bonnes relations politiques et économiques entre les deux pays. À son
retour, il commença un régime répressif envers les mouvements
socialistes et les syndicats, en ordonnant l’assassinat de plusieurs
leader de ces groupes. Toutefois, son image de bon président fut
maintenue quelques temps, par ses campagnes de travaux publics et de réduction
du chômage. Toutefois, on ne pourrait qualifier Machado de
nationaliste, puisque quatre-vingt-cinq pour cent des travaux publics
furent confiés à des compagnies américaines. De plus, il créa
plusieurs taxes sur l’essence et le gaz, ce qui améliora un peu l’état
des fonds publics gravement endettés. Aussi, avec le motif de
diversifier l’économie, il augmenta les tarifs douaniers sur quelques
produits importés, ce qui eut pour effet d’augmenter la production de
produits laitiers et de plusieurs autres produits.
Après
ses bonnes œuvres, Machado entreprit une vaste campagne de
popularisation. Et, en 1927, le congrès décida d’allonger le terme
de Machado jusqu’à 1935, et ce sans élections universelles, car peu
de Cubains eurent le droit de voter. À partir de ce moment,
l’opposition organisa des vastes réunions et des protestations contre
l’allongement du mandat de Machado, car c’était une violation de la
constitution. La répression contre la dissidence augmenta de ce fait,
et les assassinats continuèrent, et deux communistes furent tués, car
ils distribuaient des tracts supportant le mouvement sandiniste au
Nicaragua lors d’une conférence internationale à La Havane. Quelque
temps plus tard, Juan Antonio Mella, le fondateur du Parti Communiste
Cubain fut assassiné.
En 1929, après le Crack de la bourse new-yorkaise, une grave répression
commença à Cuba, l’économie étant directement dépendante de l’économie
américaine. Le prix du sucre diminua considérablement, et les
exportations diminuèrent de soixante-six pour cent. Aussi, plusieurs
industries fermèrent, et de nombreux ouvriers se retrouvèrent au chômage,
les autres voyant leur salaire considérablement réduit. Les demandes
de la population cubaine étaient nombreuses, et plusieurs grèves
eurent lieu.
En 1930, les protestations anti-Machado augmentèrent
considérablement, à un point tel que le président déclara l’état
de guerre. Plusieurs opposant au régime furent tués, et l’Université
de La Havane fut fermée. Les groupes de l’opposition, de droite ou de
gauche, commencèrent à organiser des soulèvements armés. Un groupe
fasciste, le ABC fut créé, et même si ses aspirations n’étaient
pas partagées, une bonne partie des étudiants les supportèrent, parce
qu’ils luttaient contre le régime de Machado. Des groupes
d’opposition furent aussi créés aux États-Unis, et le gouvernement
américain sentit qu’il devait intervenir. Ils envoyèrent un nouvel
ambassadeur à La Havane, Benjamin Summer Welles, qui avait pour mission
de diriger les négociations entre l’opposition et Machado. Il
organisa des élections en 1934, pour que le nouveau président commence
son mandat en 1935 (ce qui était déjà prévu). En échange, Machado
dut amnistier les prisonniers politiques, mais il continua son régime répressif
envers les groupes de travailleurs. Le CNOC organisa des grèves, dénonçant
l’impérialisme américain (les États-Unis étaient intervenus dans
les affaires politiques de Cuba), aussi, ils demandaient le rétablissement
des libertés civiles et une réforme agraire. Le 7 août 1933, la
rumeur que le président résignait circula, et aussitôt, des milliers
de manifestants se réunirent au Palais présidentiel pour fêter.
Machado donna l’ordre de tirer sur tous les manifestants à la
mitraillette. Après cela, Machado compris qu’il n’avait d’autre
choix que de laisser sa place. Il quitta son poste et le pays le 12 août.
Le Congrès de la République nomma Carlos Manuel de Cespedés
président. Peu
après, les travailleurs de l’industrie du sucre firent la grève, réclamant
une réforme agraire. En août 1933, plusieurs paysans occupèrent des
moulins à sucre et formèrent des comités populaires, qui avaient pour
motifs d’aider la population rurale. La population rurale réclama
l’exécution des supporteurs de Machado, et le remplacement de Céspedes
par un président favorable aux mouvements populaires. Le mécontentement
était aussi présent dans l’armée, et celle-ci organisa un putsch,
supporté par les mouvements socialistes.
On
nomma Ramón Grau San Martín, un professeur universitaire, président.
Son administration était très hétérogène, il y avait des réformistes,
des gauchistes et des réactionnaires. Le gouvernement de Grau San Martín
adopta des mesures favorisant les paysans, la classe ouvrière et l’économie
du pays. Il créa un Ministère du Travail, qui assura des bonnes
conditions de travail aux ouvriers. Le gouvernement démontra aussi ses
positions anti-impérialistes, s’opposant à ce que les américains
interviennent dans les affaires cubaines.
Ramón
Grau San Martín et Fulgencio Batista
Mais, Grau avait pour chef de l’armée Fulgencio
Batista, un opposant aux groupes ouvriers. L’armée fusilla à
quelques reprises des civils lors de démonstrations à caractère
socialiste. La population s’indigna, condamnant le président pour ces
actes répressifs. Le général Fulgencio Batista organisa un coup d’état,
et Ramón Grau San Martín dut quitter son poste de président. On nomma
Carlos Mendieta président, et Fulgencio Batista conserva son poste de
Chef de l’armée. Quelques mesures furent adoptées, dont l’établissement
de la peine de mort pour ceux reconnus coupables de terrorisme, on
rendit illégales les grèves et les manifestations. De plus, on pouvait
dire que l’armée avait le pouvoir du pays entre ses mains, et elle était
financée par les États-Unis.
Pendant ce
temps, Ramón Grau San Martín et ses supporteurs fondèrent le Parti révolutionnaire
cubain (aussi appelé le Parti authentique), un parti nationaliste,
socialiste et anti-impérialiste. Ce parti préparait une insurrection
afin que Grau San Martín reprenne le pouvoir. Le Parti communiste
cubain organisa plusieurs grèves pour demander des meilleures
conditions de travail pour les ouvriers, pour l’abolition de
l’amendement Platt et pour plusieurs autres demandes.
En mars 1934,
le président américain Roosevelt accepta d’annuler l’amendement
Platt, et un peu plus tard on signa un nouveau traité de réciprocité.
Les manifestations devinrent de plus en plus importantes sur l’île,
et Batista déclara l’état de guerre, ce qui lui permit d’utiliser
l’armée contre les manifestants, et de causer plusieurs morts.
En 1936,
Miguel Mariano Gómez arriva au pouvoir et il calma légèrement la
population agitée. Il établit un programme pour le développement
socio-économique. De plus, il amnistia les prisonniers politiques, il
donna plus de liberté aux syndicats, et tous les groupes politiques
retrouvèrent leur statut légal. À cet époque, le président
Roosevelt semble plus souple envers les pays voisins, il impose moins
son point de vue. Celui-ci a besoin du support de ses voisins contre le
Régime nazi. Un important événement survenu durant le mandat de
Mariano Gómez fut la création du CTC (la Confédération des
travailleurs de Cuba).
La
constitution de 1940
En
1939, on élit les délégués de l’Assemblée
constituante afin qu’ils écrivent une nouvelle constitution. La
majorité des députés élus étaient des autenticos. Les débats
furent nombreux à cause du caractère hétérogène de l’Assemblée.
Puis, on s’entendit sur une constitution, qu’on pourrait considérer
comme étant avant-gardiste pour l’époque pour ses mesures sociales
et son respect des droits humains. Voici les principaux points de cette
constitution :
 |
Égalité
de tous les Cubains devant la loi |
 |
La discrimination (religieuse, raciale, sexuelle…) est illégale |
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On établit
un maximum de propriété terrienne |
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On établit
un salaire minimum |
 |
L’égalité salariale (à tâche égale, salaire égal) |
 |
On
fixe la journée de travail et la semaine (quarante-quatre heures
par semaine) |
 | On respecte le droit de grève et la liberté
d’association (syndicats) |
Le 14 juillet 1940, il y eut des élections générales. Les deux
candidats à la présidence étaient Batista, de la Coalition social-démocrate,
et Ramón Grau San Martín du Parti révolutionnaire cubain. Batista
remporta les élections. Son mandat fut marqué par la Deuxième Guerre
mondiale. Cuba contribua peu à cette guerre. Quelques Cubains s’engagèrent
volontairement dans les armées Alliées. Plusieurs produits cubains
furent vendus aux Alliés, et quelques bateaux marchands cubains furent
coulés par les Allemands.
Aussi, la masse ouvrière continua sa lutte pour de meilleures
conditions de travail, par des manifestations ou par la parade des
ouvriers lors du Jour du travail le 1er mai. En résumé, le
gouvernement de Batista fut un gouvernement subordonné aux intérêts
américains, accusé de corruption, de discrimination et de peu
d’action pour contrer les mauvaises conditions des habitants. On dit
qu’il ne respecta pas la Constitution de 1940.
Les
gouvernement autenticos
Il y eut des élections le 1er juin 1944, opposant la
Coalition social-démocrate (Carlos Saladrias) à Ramón Grau San Martín
du Parti révolutionnaire cubain. Grau San Martín remporta une fois de
plus les élections. Durant les deux ans qui suivirent, son gouvernement
fut généralement bon. La condition des Cubains s’améliora, il y eut des surplus
budgétaires, la production était en hausse, les taxes en baisse. De
plus, on fit de nombreux travaux publics, et on annonça une réforme
agraire. Le pays s’industrialisa, et l’économie se diversifia. La
majorité des demandes de la population étaient comblées. Mais durant
les deux dernières années de son mandat, la corruption fit en sorte
d’annuler la bonne opinion de la population envers Ramón Grau San
Martín. Comme lors de son premier mandat, il y eut beaucoup de répression
envers les syndicats. À la fin du mandat de Grau San Martín, les fonds
publics étaient en déficit de soixante-huit million de pesos.
En 1948, un autre autentico fut élu président : Carlos Prío
Socarras. Son mandat ne fut pas très différent des deux dernières années :
criminalité élevée, gangs criminels, critiques des mouvements
socialistes, répression
contre les syndicats. Les syndicats se caractérisaient par leur
division : il y avait les syndicats officiels, légaux, dirigés
par Eusebio Mujal, un anti-communiste au service de la partie patronale
et du gouvernement, et les autres, plutôt socialistes. Les États-Unis
envoyèrent des experts pour étudier les problèmes économiques de
l’île : on suggéra de développer l’industrie touristique,
d’améliorer les voies de communications et de faciliter les
investissements étrangers, notamment en réduisant les salaires des
ouvriers. Les ouvriers manifestèrent contre ces réformes, et Prío ne
les appliqua pas. En 1950, il y eut la création de la Banque
nationale de Cuba.
Durant les gouvernements autenticos, on vit l’émergence d’un
nouveau parti politique : le Parti du peuple cubain (aussi appelé
Ortodoxo). Ce parti était en fait une division nationaliste du Parti révolutionnaire
cubain. Il fut fondé en
1947, dans le but de réformer l’économie cubaine et d’améliorer
les conditions de vie de la population. Leur plate-forme politique
était basée sur l’indépendance économique, la diversification de
l’économie, l’industrialisation et la nationalisation des services
publiques. On voulait ainsi une plus grande intervention de l’état
dans l’économie.
Le
coup d’état de Batista et la Révolution castriste
Le 1er
juin 1952, on procéda aux élections du prochain président. Trois
partis s’opposaient : le Parti autentico avec Carlos Hevía, le
Parti de l’action unitaire avec Fulgencio Batista et le Parti ortodoxo
avec Roberto Agramonte, qui semblait être le favori. Les États-Unis
supportaient Batista, car ils avaient été déçus de
l’administration du Parti autentico. Le 10 mars 1952, Batista monta un
coup d’état.
Peu après le
coup d’état, Fidel Castro, un jeune avocat, écrivit un manifeste dénonçant
les objectifs du coup d’état de Batista. Le manifeste était un appel
aux cubains pour lutter contre une prochaine dictature. Fidel Castro
ne fut pas le seul à dénoncer le coup d’état, le parti socialiste
populaire (PSP) et les autre mouvements socialistes s’opposèrent à
une dictature, tandis que les autres partis se joignirent à Batista.
Une des premières actions de Batista après être entré au pouvoir fut
la dissolution du Congrès de la République, qui fut remplacé par le
Conseil Consultatif, constitué de supporteurs de Batista. Beaucoup de
dissidents furent emprisonnés, et les partis politiques devinrent illégaux.
En plus d’opprimer les dissidents, Batista prit le contrôle sur les
syndicats. Batista, comme nous l’avons déjà vu, était un fervent
serviteur des États-Unis. Il favorisa donc les grandes entreprises et
protégea les intérêts américains, souvent au détriment des intérêts
cubains. Ceci fit en
sorte que la plupart des salaires des ouvriers furent réduits.
Durant ces années,
plusieurs mouvements s’opposèrent à Batista. Les étudiants réclamaient
le respect de la Constitution de 1940. Les travailleurs manifestent pour
retrouver leurs salaires et de bonnes conditions de travail. Les paysans
réclamaient une réforme agraire. Durant ces manifestations, Batista
fait preuve de violence, et lors d’une manifestation étudiante, douze
étudiants furent tués. Fidel Castro, voyant que les moyens pacifiques
ne semblaient pas fonctionner, décida de préparer une insurrection. Il
décida d’attaquer la base militaire Moncada (la deuxième en
importance au pays), située à Santiago de Cuba.. L’organisation de
la révolution était divisée en deux : il y avait le comité
militaire, dirigé par Fidel Castro, et le comité civil, dirigé par
Abel Santamaría. Les membres de ces comités étaient majoritairement
de la classe ouvrière ou moyenne, jeunes et non impliqués dans la
politique avant l’arrivée de Batista. La date du 26 juillet 1953 a été
choisie pour le jour de l’attaque, parce que le carnaval dans la ville
servirait de distraction aux autorités. Le groupe de combattants
regroupe 135 militants, divisés en trois groupes, dirigés par Fidel
Castro, Abel Santamaría et Raúl Castro (le frère de Fidel). Fidel
attaqua la base, tandis que les deux autres attaquèrent l’hôpital
civil et le Palais de justice. Le groupe de Fidel réussit à prendre la
base, mais il fut surpris par une patrouille imprévue. Fidel ordonna
le retrait, voyant la défaite imminente. Après l’attaque, Batista déclara
l’état de siège à Santiago de Cuba et les droits constitutionnaux
furent suspendus partout sur l’île. Pendant ce temps, Fidel prit la
fuite vers la montagne. Le 1er août 1953, ils furent
surpris, et on les envoya à la prison.
Le procès des
révolutionnaires commença le 21 septembre. Fidel dut se défendre seul,
puisque son avocat n’avait pas été autorisé à le consulter à la
prison. Après la première session du procès, les juges décidèrent
qu’il devait être jugé seul, étant l’initiateur de l’attaque.
Son procès commença le 16 octobre. Mais, au lieu de plaidoyer en tant
que défenseur, il se convertit en accusateur, accusant Batista de
dictature. Aussi, il établit un programme de réformes qu’il
appliquerait s’il était au pouvoir. On le condamna à quinze ans
d’emprisonnement à l’île des Pins.
Pendant
l’incarcération de Fidel, les actions contre le gouvernement de
Batista se multiplièrent, principalement de la part des étudiants, des
ouvriers, des intellectuels et des groupes féministes. Ils
manifestaient principalement pour le respect des droits humains, la démocratie
et de meilleurs conditions de vie. Plusieurs organisations demandèrent
aussi l’amnistie de Fidel Castro et des autres militants emprisonnés.
Le 15 mai 1955, Fidel Castro fut libéré, en compagnie de plusieurs
autres révolutionnaires. Fidel et son frère, constamment menacés de
la part des autorités, demandèrent l’asile politique au Mexique. Ils
se réunirent là-bas avec plusieurs autres révolutionnaires exilés.
C’est en septembre que Fidel Castro fit la rencontre de son fidèle
camarade, Ernesto Che Guevara, un argentin engagé dans la lutte pour
les meilleurs conditions des peuples latino-américains. Puis, vers la
fin de cette année, Fidel Castro fit le tour de plusieurs villes américaines
afin de se faire appuyer par les immigrés cubains.
En 1956, même
après les nombreuses manifestations contre son régime, Batista
rejettent l’idée de déclencher des élections en 1958. Après cet événement,
plusieurs autres groupes se mettent à considérer la lutte armée pour
remplacer Batista. Des officiers de l’armée tentèrent un coup d’état
militaire pour ensuite instaurer un gouvernement civil, mais ils furent
dénoncés. Puis, une
faction révolutionnaire de la Fédération des étudiants de
l’université, le directorat révolutionnaire, s’engagea dans la
lutte armée, ainsi que le PSP.
Au Mexique, le
groupe de Fidel préparait un retour à Cuba afin d’amorcer une révolution.
Ils établirent un camp, se procurèrent des armes, commencèrent un
entraînement militaire et le recrutement de fonds, provenant de Cubains
sur l’île ou d’émigrés, mais aussi de supporteurs mexicains.
Fidel acheta le Granma, un vieux yacht, afin de retourner à Cuba.
Le bateau partit le 25 novembre 1956. Afin de préparer l’arrivée
du Granma, le mouvement de Fidel, désormais appelé le Mouvement 26-7
(pour le 26 juillet), en alliance avec le PSP et le directorat révolutionnaire,
organisèrent un grève générale à Santiago. Cependant, le yacht
n’arriva ni à l’endroit prévu, ni à la date prévue. Ils échouèrent
dans des marécages, et quand les révolutionnaires arrivèrent à la côte,
ils étaient déjà encerclés par des soldats.
Le premier échange
de coup de feu entre les révolutionnaires et l’armée eut lieu le 5 décembre
1956. Vingt des révolutionnaires (sur quatre-vingt-deux) furent tués,
et plusieurs autres emprisonnés. Après ces lourdes pertes,
l’effectif des révolutionnaires augmente, des paysans et des civils
se joignirent à eux. La première victoire des révolutionnaires eut
lieu le 17 janvier 1957, lors d’une attaque d’une base militaire à
La Plata. Cette victoire permit aux guérilleros de se fournir en armes
et en ressources de toutes sortes (vêtements, médicaments). En février,
le groupe rebelle gagne en popularité dans le monde après l’entrevue
de Fidel accordée à Herbert L. Matthews (du New York Times). Il y eut
une autre victoire importante en mai, quand
les révolutionnaires saisirent un artillerie à El Uvero. En
juillet 1957, le groupe étant plus puissant, une colonne se sépare de
celui-ci, dirigée par le Che.
Pendant que
les attaques avaient lieu dans la Sierra Maestra, la population
manifestait fréquemment et d’autres groupes tentaient des attaques
armées. Le 13 mars 1957, le directorat révolutionnaire et les
militants autenticos attaquèrent le Palais présidentiel dans le but de
tuer Batista. On ne sait trop comment (plusieurs versions existent) mais
il réussit à se sauver. Les attaques terroristes continuent de se
multiplier, le gouvernement se vengeant de ces attaques en tuant des
civils. Batista rejeta toujours les requêtes de négociations
pacifiques.
Le 17 février 1958, une
importante bataille eut lieu à Pino del Agua, puis, en mars 1958, il y
eut la création de plusieurs autres colonnes révolutionnaires. Voici
comment étaient organisées les troupes de guérilleros :
|
1er
front
|
Colonne
1
|
Fidel
Castro
|
|
Colonne
4
|
Ernesto
Che Guevara
|
|
Colonne
7
|
Crescencio
Pérez
|
|
2e
front
(front
Frank País)
|
Colonne
6
|
Raúl
Castro
|
|
5
autres colonnes
|
|
|
3e
front
|
Colonne
3
|
Juan
Almeída
|
Afin de lutter contre toutes les troupes révolutionnaires (Mouvement
26-7, directorat révolutionnaire, PSP), Batista se fait envoyer des
armes, surtout des États-Unis. Puis, le 9 avril 1958, il y eut une grève
nationale. Pendant ce temps, l’armée de Batista préparait une
offensive finale, visant à éliminer définitivement les
dissidents armés. Il envoya 10 000 soldats dans la Sierra Maestra. Les
combats entre les rebelles et l’armée prirent de l’ampleur à
compter du 24 mars 1958, les rebelles étant 300 en tout. Durant les
mois de juillet et d’août, il y eut pas moins de cent combats entre
les deux groupes. Le M-26-7 expansionna son territoire, et deux
colonnes, dirigées par Camilo Cienfuegos et Ernesto Che Guevara, arrivèrent
à Villa Clara. Santa Clara, la capitale, est le centre de communication
de l’armée de Batista. Elle est donc un point stratégique à
atteindre. Après l’arrivée des rebelles, l’armée décide
d’augmenter son effectif à Santa Clara. De plus, elle envoie un train
blindé de vingt-deux wagons, transportant des soldats et du matériel
de guerre. La bataille entre les deux camps commence le 29 décembre
1958. L’armée compte 4000 hommes, contre 5000 rebelles (de nouvelles
recrues pour la plupart). Le train est déraillé, les habitants
participent à la bataille. L’armée subit une défaite le 1er
janvier. On considère cette date comme la date du triomphe de la Révolution,
puisque Batista prit la fuite vers la République dominicaine ce jour-là.
On instaura le gouvernement provisoire révolutionnaire le 4 janvier
1959.
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Histoire
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Le capitolio de la Havane, copie conforme de la Maison
Blance, était à cette époque le Palais présidentiel

Biographie
de Fidel Castro
Biographie
de Che Guevara



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