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Les guerres d’indépendance 

En 1795 commence une conspiration de Noirs et de Blancs, dirigée par Nicolás Morales, un Noir libre. Cette conspiration aspirait à l’égalité raciale et à l’abolition de certaines mesures gouvernementales qui défavorisaient les pauvres. Ce mouvement n’était toutefois pas séparatiste. 

Les indépendantistes

 Le premier mouvement séparatiste fut créé en 1809. Il était constitué de l’aristocratie créole et dirigé par Joaquín Infante. Celui-ci écrivit le premier projet de constitution cubaine basée sur l’indépendance. Cette constitution n’abolissait pas l’esclavage et établissait une division des classes discriminatoire envers les Noirs. Toutefois, à cet époque, les Créoles ne considéraient pas encore l’indépendance comme étant une solution aux problèmes de l’île. La conspiration fut donc arrêtée par le gouvernement.

 Durant les deux décennies suivantes, les Créoles formèrent des mouvements séparatistes, influencés par les révolutions française et américaine. De plus, plusieurs autres colonies espagnoles avaient déjà obtenu leur indépendance de l’Espagne. À ces groupes étaient opposés les Espagnols immigrés, qui refusaient toute réforme pouvant bénéficier aux producteurs Créoles. Deux figures indépendantistes marquantes de cette époque sont José María Hérédia, un poète révolutionnaire immigré en France, et Félix Varela, un réformiste pour l’indépendance et pour l’abolition de l’esclavage.

Le début du 19e siècle est aussi marqué par le retour de l’absolutisme en Espagne. Cuba perdit toutes les libertés qu’elle avait obtenues, ce qui donna plus de ferveur aux militants indépendantistes. Malgré tous les efforts menés par ceux-ci, les conspirations furent toutes mises à échec. Toutefois, malgré le despotisme espagnol, Cuba obtenut la liberté de commerce. 

Les réformistes autonomistes

 La troisième décennie du 19e siècle vit l’émergence d’un nouveau courant réformiste : celui des autonomistes. Ces réformistes étaient en faveur de l’autonomie de Cuba, mais pas de l’indépendance. Ils préféreraient plutôt que Cuba devienne une province espagnole. Ces réformistes étaient toutefois divisés en deux : certains désiraient l’abolition de l’esclavage et d’autres non. Encore, d’autres désiraient simplement l’arrêt de l’immigration africaine. L’Espagne ne répondit pas aux demandes réformistes, même si elle avait retrouvé son régime constitutionnel. Les tensions entre Cuba et sa métropole augmentèrent. 

Les annexionnistes 

En 1840 débuta un autre mouvement : le mouvement annexionniste. Ce mouvement ne croyai pas que Cuba puisse obtenir son indépendance seule. Toutefois, il existait deux types d’annexionnistes : ceux qui voulaient s’annexer aux États-Unis pour pouvoir conserver l’esclavage, car l’Espagne risquait de céder aux pressions abolitionnistes de l’Angleterre. En plus, les États-Unis seraient une meilleure protection si une révolte noire advenait (les Noirs composaient cinquante-huit pour cent de la population). L’autre mouvement souhaitait le développement des libertés démocratiques à Cuba par l' annexion aux États-Unis, où ces libertés étaient acquises. Les Américains supportaient les annexionnistes, en général, pour les gains économiques que l'annexion leur procurerait.

L' idée d’annexionner Cuba aux État-Unis a tellement plu aux américains que leur armée a tenté d’envahir Cuba quatre fois. Toutefois, le manque de support de la population cubaine fit en sorte que l’armée espagnole repoussa les troupes américaines. De plus, une partie des annexionnistes abandonnèrent leur idée, car l’esclavage fut aboli aux États-Unis en 1865.   

Le mouvement réformiste prit plus d’importance durant les mandats de deux gouverneurs espagnols libéraux : Francisco Serrano et Domingo Dulce. Ils encouragèrent la création d’un parti réformiste, même si les partis politiques étaient interdits à Cuba. Ce parti demanda aux gouverneurs un système parlementaire et une libéralisation de Cuba (voir la définition du libéralisme dans la section politique). Lors d’une assemblée, Madrid discuta de ses problèmes outre-mer. Plusieurs réformistes (quatorze) étaient parmi les seize délégués élus. Ils proposèrent alors leurs idées libérales au gouvernement espagnol, mais celui-ci ne tenu compte d’aucune de leurs demandes. C’est alors que les réformistes comprirent qu’il ne restait qu’une alternative aux problèmes de Cuba : l’indépendance. 

La guerre de dix ans  

            Suite aux abus du gouvernement espagnol et du gouvernement colonial corrompu, mais aussi à une crise économique en 1866-1867 et au ras-le-bol de la population désirant plus de droits politiques, un comité révolutionnaire fut établi dans la ville de Bayamo, dirigé par un riche propriétaire terrien : Francisco Vicente Aguilera.  Par la suite, un autre propriétaire terrien, Carlos Manuel de Céspedes, fit un discours promouvant la lutte armée le dix octobre 1868 sur sa plantation : La Demajagua. Suite à ce discours, il libéra tous ses esclaves et leur demanda de le joindre dans la lutte pour l’indépendance, qui serait aussi une lutte pour l’abolition de l’esclavage et pour l’obtention de droits civiques pour tous les Cubains. 

Après cette déclaration de guerre, les patriotes se dirigèrent vers la ville de Yara pour la prendre. Ils furent surpris par une forte colonne de l’armée espagnole. Le 13 octobre, les rebelles prirent huit villes orientales et Carlos Manuel de Céspedes fut nommé le chef de l’Armée de Libération. Ce groupe prit ensuite la ville de Bayamo, après quoi un poète de la ville écrivit l’hymne national cubain : La Bayamesa  

Le 12 janvier 1869, une assemblée populaire décida de brûler la ville de Bayamo, de peur qu’elle ne soit reconquise par les Espagnols. C’est durant cette année aussi que se fit emprisonner José Martí Pérez, futur héros national. En avril, après une assemblée des représentants de chaque région cubaine à Guáimaro (Camagüey), on nomma Carlos Manuel de Céspedes président de la République de Cuba.  On décida d'établir sur un gouvernement civil, séparé du militaire. Toutefois, ce gouvernement ne peut exercer son droit que dans les territoires pris par les rebelles, car la victoire n’est pas encore gagnée dans toutes les régions du pays. Il s’agit en fait d’une sorte de déclaration d’indépendance, à la manière de celle des Etats-Unis en 1776. 

Durant les premières années de la guerre, le gouvernement colonial ne voulut rien négocier avec les troupes rebelles. Au contraire, il renforça ses troupes volontaires et mit en place des mesures extrêmes. Ainsi, tous les rebelles capturés, même ceux ayant abandonné, furent exécutés sans procès. Ceci provoqua l’exil de plus de 100 000 cubains. 

Mais peu après, l’Espagne encouragea une autre politique envers les rebelles. Elle leur donnait plusieurs privilèges, et acceptait de donner plus d’autonomie à l’île. Ceci calma un peu les ardeurs indépendantistes. Toutefois, les batailles dans l’est de l’île perdurèrent jusqu’en 1878, après le pacte de Zanjón. Durant ces années, de nombreuses batailles significatives eurent lieu, populaires à cause des attaques à la machette, une stratégie apportée par Maximo Gómez, un dominicain arrivé à Cuba en 1865 pour défendre l’indépendance. La guerre ne fut pas perdue à cause du petit nombre de rebelles ou du peu d’armes qu’ils possédaient. Elle fut perdue à cause des divisions au sein des révolutionnaires. De plus, les révolutionnaires agissaient trop dans l’est de l’île, et l’expansion de leurs territoires à l’ouest leur aurait permis un plus grand pouvoir contre les troupes espagnoles. 

La protestation de Baragua 

Peu après le pacte de Zanjón, Antonio Maceo, un haut gradé de l’Armée de Libération se trouvant à Baragua, refusa les propositions espagnoles. Il ne voulait pas de paix sans indépendance, ni sans l’abolition de l’esclavage. Il tenta de réunir ses troupes à nouveau et d’établir une nouvelle constitution, mais ces troupes avaient accepté la capitulation. Cette protestation est connue sous le nom de la protestation de Baragua, et aujourd’hui, elle est écrite sous la forme d’une lettre. Cette lettre certifie que les Cubains seront toujours révolutionnaires, et elle a en quelque sorte été adaptée à la révolution castriste. Des milliers de cubains signent encore cette lettre pour montrer leur appui au gouvernement castriste.   

MACEO

En 1878, les anciens réformistes fondent le parti Libéral, qui deviendra le parti Libéral autonomiste. Ce parti était dirigé par des intellectuels de la bourgeoisie. Leur plate-forme politique était basée sur des réformes libérales dans l’économie et dans la politique. Ils désiraient que les Cubains aient les mêmes droits que les Espagnols en Espagne. De plus, ils voulaient la séparation du pouvoir civil du pouvoir militaire et l’abolition de l’esclavage. 

Un autre parti fut fondé par des immigrés espagnols en 1878, le parti de l’Union constitutionnelle. Ce parti était un parti réactionnaire, contre l’indépendance ou toute forme d’autonomie, et pour le système colonial. 

Après la protestation de Baragua, Maceo continua ses efforts pour  continuer la guerre d’indépendance. Avec Calixto García, il prépara un autre soulèvement, qui débuta en 1879 dans l’oriente et le centre. Les ressources, supposées provenir de l’extérieur (surtout des Cubains immigrés aux Etats-Unis), sont toujours interceptées par la Marine espagnole. Afin de dépopulariser le mouvement indépendantiste, le gouvernement colonial fait circuler la rumeur que les patriotes veulent fonder une République noire. En 1884, Maximo Gómez et Antonio Maceo préparaient un autre plan, mais José Martí, maintenant devenu un leader indépendantiste très populaire, rejeta ce plan, car il trouvait qu’il n’est pas très démocratique. Peu après cela, en 1886, l’Espagne abolit totalement l’esclavage sur l’île de Cuba. 

Peu à peu, le capital américain s’introduisit dans l’île, surtout dans le domaine des mines, du sucre et du tabac. Il y eut une concentration du capital et de la production de sucre (le nombre de producteurs diminua), et plusieurs riches propriétaires terriens perdirent une partie de leur fortune à cause de l’expansion de la production de sucre dans le monde (la demande de sucre à Cuba diminua). De plus, la fin du 19e siècle vit l’apparition des premiers mouvements ouvriers. Quelques facteurs rendaient difficile l’association des ouvriers : tout d’abord, les autorités étaient contre toute forme d’association d’ouvriers, puis, il y avait aussi des divisions entre les travailleurs, principalement raciales. Ces travailleurs réussirent tout de même à fonder quelques associations, qui organisèrent des grèves. Ces associations étaient principalement pour l’indépendance de Cuba, mais elles étaient divisées entre les réformistes, plus pacifiques, et les anarchistes. 

En 1886, José Martí débuta l’organisation d’une nouvelle guerre à partir de New York. Cette organisation était plutôt difficile, encore à cause des divisions parmi les indépendantistes. Il y avait beaucoup de conflits entre les anciens combattants de la Guerre de dix ans et les nouveaux arrivants du mouvement. L’organisation de José Martí était contre l’exploitation et contre l’impérialisme. Après des accords pour une plate-forme basée sur l’obtention d’une République démocratique et de l’indépendance totale, ainsi que sur la promotion de l’indépendance de Porto Rico, le Parti révolutionnaire cubain fut fondé en 1892. Il se chargeait de l’organisation de la prochaine guerre d’indépendance, qui débuta le 29 janvier 1895. 

La guerre de 1895 

Le 24 janvier, il y eut plusieurs soulèvements armés dans la province de l’Oriente, mais aussi dans l’ouest et dans le centre de Cuba. Le 25 mars, un document signé par José Martí et Maximo Gómez est rendu public : le Manifeste de Montecristí. Il tente de rassurer la population cubaine et affirme qu’aucune action ne sera faite contre les sympathisants à la cause indépendantiste. Au début du mois d’avril, des expéditions, dirigées par José Martí, Maximo Gómez et Antonio Maceo arrivent par bateau sur des côtes de l’Oriente. Le 5 mai, les trois leaders se réunissent pour établir une stratégie, et quelque jours plus tard, le camp de Martí et de Gómez est trouvé par les troupes espagnoles, et José Martí mouru au combat. Pendant ce temps, Antonio Maceo dirigeait et expansionnait la guerre partout dans la province d’Oriente, et, en juillet, la lutte armée s'expansionna jusqu’à Las Villas. Le 22 octobre 1895, Antonio amorça l’invasion de l’ouest, nécessaire à la victoire. En quatre-vingt-douze jours, les troupes s’avancèrent jusqu’à Pinar del Río en passant par La Havane. Par cette expédition, l’Armée de Libération atteignit ses objectifs : l’expansion de la guerre et la destruction de plusieurs ressources économiques espagnoles. Malheureusement, lors d’une grande bataille contre l’armée espagnole, Antonio Maceo fut tué. 

Mais la prise de pouvoir du gouvernement et de l’armée par Valeriano Weyler ralentit les troupes indépendantistes dans leurs attaques. Weyler obligea la relocation de tous les habitants de la campagne à aller en ville pour une période de huit jours (qui dura en fait quelques mois). Tous ceux restant à la campagne seraient traités comme des rebelles. Cette mesure provoqua la colère des paysans, et poussa plusieurs à se joindre aux troupes révolutionnaires. Les batailles continuèrent, avec toujours plus d’ardeur, et le gouvernement espagnol craignait la défaite. En 1898, il décida de changer le gouverneur Weyler et on écrivit une constitution coloniale pour Cuba et Porto Rico, ce qui leur donnait une plus grande autonomie. Toutefois, la majorité des partisans de l’autonomie avaient déjà joint les troupes indépendantistes, et le nouveau gouvernement fut rejeté par une bonne partie de la population.   

Guerres d'indépendances Américaine

La guerre hispano-américaine 

Puis, un événement vint changer le cours de la guerre. Le 15 février 1898, un navire de guerre américain, le Maine, explosa, causant la mort de 268 américains. Le Maine était dans la baie de La Havane depuis les protestations contre le gouvernement autonome, ce qui signifiait son intérêt à intervenir. Les américains dénoncèrent cette explosion et accusèrent les Espagnols. Toutefois, les Espagnols nièrent cette attaque, qu’ils croyaient provenir de l’intérieur même du navire. Les États-Unis avaient des intérêts dans une guerre contre l’Espagne : l’obtention de ses colonies ( les Philippines, Cuba et Porto Rico). De plus, si Cuba obtenait son indépendance, la possibilité d’annexion aux États-Unis devenait très mince. C’est pourquoi plusieurs croient que les États-Unis auraient provoqué l’explosion de leur navire, afin de se servir de cette excuse pour pouvoir déclencher une guerre contre l’Espagne. Le 11 avril 1898, le Congrès américain stipula que Cuba avait le droit à son indépendance. Le 21 avril, la proposition fut présentée au gouvernement espagnol, et quelques heures plus tard, les Etats-Unis procédèrent à des attaques à Cuba, à Porto Rico et aux Philippines. À Cuba, les troupes américaines recevirent l’aide de l’Armée de Libération. Les hostilités prirent fin le 10 décembre 1898 lors de la signature du Traité de Paris, et le 1er janvier 1899, le gouvernement de Cuba fut transféré aux Etats-Unis. Plusieurs indépendantistes furent frustrés, car leur mérite ne fut pas assez reconnu à la fin de cette guerre, et l’indépendance ne fut pas acquise, car l’autorité espagnole avait tout simplement été remplacée par l’autorité américaine.

 

Histoire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Biographie de José Martí

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 La nouvelle protestation de Baragua (espagnol)

 

 

 

 

                 

 

 

 

 

 

 

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