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1959-Aujourd'hui
Les premières années du
gouvernement révolutionnaire
Le
président nommé est Manuel Urrutia Lléo, que l’on remplaça un peu
plus tard par Osvaldo Dorticos. Le gouvernement provisoire démantela le
Congrès de la République (devenu le Conseil consultatif) et
l’appareil administratif et politique du pays. On mit en place des
tribunaux révolutionnaires, qui imposent des peines pouvant aller
jusqu’à la peine de mort pour les anciens acteurs du régime de
Batista. Tous les biens acquis frauduleusement furent confisqués,
l’armée et les corps de police furent dissolus. Les dirigeants du CTC
(confédération de travailleurs de Cuba) sont mis à la porte.
Les
deux premières actions importantes du gouvernement révolutionnaire
furent les réformes agraires et urbaines.
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Réforme
urbaine
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Réforme
agraire
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Baisse
des prix des loyers
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Programme
permettant aux locataires de devenir propriétaire, avec
indemnisation pour les propriétaires perdant leur revenu
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Interdiction
de posséder une terre sans la nationalité cubaine
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Maximum
de propriété permise de 402 hectares
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Les
terres appartiennent désormais à ceux qui la travaillent réellement
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Les
anciens propriétaires reçoivent des indemnisations contre leur
terre
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Les
grandes fermes sont nationalisées
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Les
indemnisations peuvent être reçues sur une certaine période,
sauf si l’ancien propriétaire quitte le pays
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D’autres
réformes sont appliquées, surtout des réformes sociales. On interdit
les loteries et autres jeux de hasard, on renforce les mesures visant à
l’élimination du trafic de drogue et de la prostitution. Il y a des réformes
dans l’éducation et dans la santé (plus de services, et tous
gratuits). Puis, on nationalise certaines industries, surtout américaines.
On assure un salaire minimum à tous, et on tente d’éliminer la discrimination. On crée
plusieurs institutions :
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Association
national des petits producteurs (ANAP) : vise à regrouper les
petits producteurs dans le domaine de l’agriculture, afin de
fonder des coopératives
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Association
de la jeunesse rebelle (plus tard appelée la Jeunesse communiste) :
implication des jeunes dans les activités politiques du gouvernement révolutionnaire
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Fédération
des femmes cubaines (FMC) : défendre les droits des femmes ,
aide aux femmes (et activités comparables au Cercle des Fermières)
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Comités
de défense de la Révolution (CDR) : un comité par quartier
sert à récolter les demandes des citoyens, et à organiser la
protection de ceux-ci en cas d’attaque (voir la Baie des Cochons
et les activitéscontre-révolutionnaires) |
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Le
plus important de tous, le Parti Communiste Cubain, qui a le pouvoir
sur toutes les activités du gouvernement (il est désormais le seul
partipolitique sur l’île)
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De plus, une importante campagne d’alphabétisation est menée partout
au pays, de janvier à décembre 1961. Cette campagne demanda
l’implication de 300 000 enseignants, divisés en brigades appelées
Conrado Bénitez. Les participants à cette campagne n’étaient
pas tous enseignants de profession. Ils reçurent une formation d’une
semaine, après quoi ils étaient dispersés sur l’île afin que tous
aient accès à l’apprentissage de l’écriture et de la lecture. Après cette campagne, on créa des écoles partout sur l’île,
dont des écoles du soir pour adultes afin qu’ils puissent atteindre
la sixième année de scolarité.
Dès
l’entrée au pouvoir des révolutionnaires, la bourgeoisie cubaine,
les investisseurs américains et le gouvernement américain s’inquiétèrent
pour leurs intérêts. Les conspirateurs, pour la plupart des
latifundistes (des grands propriétaires terriens), des propriétaires
de casino, des militaires de Batista, furent armés et organisés par la
CIA (Central Intelligence Agency). Ils bombardèrent des édifices, de
usines et des champs. Le gouvernement encourage les cubains à émigrer
vers les États-Unis, et les citoyens américains à ne plus faire de
commerce avec Cuba. Le 15 avril 1961, il y eut des attaques aériennes
de ces conspirateurs. Le 16 avril, Fidel Castro proclama le caractère
socialiste de la Révolution (voir histoire des systèmes politiques),
et le 17 avril 1961, il y eut des attaques aériennes à la Baie des
Cochons. Les Cubains l’emportèrent, et les États-Unis durent payer
des indemnisations à Cuba pour avoir financé ces attaques.
En
août 1962, l’Union soviétique proposa à Cuba de la protéger, en
installant des missiles nucléaires sur l’île. La véritable
intention de l’URSS était d’avoir une clé vers l’Amérique, afin
d’expansionner son pouvoir, mais aussi de pouvoir attaquer les États-Unis
dans un éventuel conflit armé (Les États-Unis et l’URSS étaient en
guerre froide). Les américains prirent conscience de la présence de
ces missiles, et ils imposèrent un blocus naval sur Cuba. Après
plusieurs négociations, auxquelles Cuba n’a pas participé, l’URSS
accepta de retirer ses missiles, à condition que les attaques contre
Cuba cessent et que les États-Unis retirent leurs missiles en Turquie.
Peu
après ces conflits, les États-Unis commencèrent d’autres mesures
afin d’affaiblir le gouvernement révolutionnaire. En 1965, on
interdit aux citoyens américains de voyager à Cuba. Puis, durant la même
année, on commença une guerre biologique contre Cuba, qui consistait
en l’envoi de produits chimiques ou de virus sur l’île, qui
affectaient la population, la faune et la flore (dont les champs de
canne à sucre).
À cause de ces attaques américaines, les premières années du
gouvernement révolutionnaire furent consacrées à la défense
nationale. Puis, en 1965, on commença à mettre l’emphase sur le développement
socio-économique. On se donne un objectif de production de 10 000
tonnes de sucre pour l’année 1970, qui n’est pas atteint.
Malheureusement, au lieu de mettre l’emphase sur la diversification économique,
le gouvernement révolutionnaire remplaça la dépendance économique
envers les États-Unis par une dépendance envers l’URSS. Ainsi, la
monoculture de canne à sucre continua jusqu’en 1990. Durant les premières
années, le gouvernement fit aussi quelques erreurs concernant la
gestion de son budget, en fait, il n’y en avait quasiment pas. On
faisait des dépenses sans compter, on réduisait son revenus (services
gratuits, baisse des taxes), et ainsi, il y eut un déficit énorme, qui
augmenta la dette extérieure du pays. De plus, en prenant des décisions
politiques, le gouvernement semble négliger les organisations de masse
en ne les consultant presque pas.
Puis,
durant les années 1970, le développement socioculturel fut considérable.
On créa plusieurs institutions sportives et culturelles ouvertes à
tous. Le nombre d’institutions scolaires et médicales augmenta considérablement.
Aussi, les conditions de vie s’améliorèrent en général, avec la
santé de la population. Puis, en 1975, il y eut le premier congrès du
Parti Communiste Cubain, qui avait pour but d’écrire un projet de
constitution et d’établir le programme du parti.
La constitution de 1976
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Cuba est un état souverain et socialiste
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Le Parti Communiste Cubain est la force dirigeante de la société
et de l’état
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L’économie du pays est socialiste (le peuple a une propriété
collective des moyens de production)
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Les
droits fondamentaux ainsi que l’éducation et la santé sont
garantis à tous les citoyens sans discrimination
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Le
suffrage est universel et direct
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Modification
de la structure administrative. Le pays est divisé en quatorze
provinces et 169 municipalités
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L’assemblée
nationale est l’organe suprême du pouvoir de l’état, et ses délégués
sont élus tous les cinq ans. Elle élit un conseil d’état et un
président (qui est toujours Fidel Castro).
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Les
municipalités sont divisées en districts électoraux d’à peu près
300 électeurs. |
À partir de 1975, on fit une utilisation plus efficace des ressources
du pays. Les exportations et les importations furent en hausse, de même
que la production en générale. En plus d’un développement économique
considérable, le développement socioculturel continua de progresser.
Plusieurs maladies furent éradiquées, telles la polio, la diphtérie
et le tétanos. On construisit plus de 60 000 maisons par année, alors
que la normale est de 800 par année.
Durant
les années 1980, il y eut un développement scientifique considérable.
On créa le CENIC, le Centre national de recherche scientifique. On
commença à pratiquer la transplantation d’organe dans les hôpitaux,
et l’industrie pharmaceutique et biotechnologique se développa. Mais,
durant ces années, l’économie a semblé moins bien se porter. Il y
eut inflation, le prix du sucre diminua, les intérêts et la dette
nationale étaient en hausse. On mit la faute sur des désastres
naturels. Comme l’économie se portait moins bien, une seconde vague
d’émigration vers les États-Unis commença.
La
politique américaine continua à être dure envers le gouvernement révolutionnaire,
et les attaques terroristes continuèrent, quoiqu’elles étaient moins
fréquentes. L’administration la plus dure envers Cuba fut sans doute
celle de Bush, après celle de Kennedy durant la Guerre froide. Durant
les années 1980, les républicains firent un comité afin d’établir
la politique à suivre avec Cuba. Ils statuèrent que les États-Unis ne
pouvaient pas accepter la présence du socialisme à Cuba, et qu’il
faudrait par conséquent expulser tous les diplomates cubains des États-Unis,
et briser les relations diplomatiques avec Cuba.
Il fallait aussi faire de la propagande afin de dépopulariser le
gouvernement castriste. Le gouvernement américain décida donc de
financer une radio contre-révolutionnaire dont la diffusion se rendrait
jusqu’à Cuba. Ces radios sont accessibles de temps en temps sur l’île,
même si le gouvernement castriste tente de brouiller les ondes.
En
1990, 1quatre-vingt pour cent des échanges économiques se
fait avec l’URSS ou les pays du Bloc socialiste. Cependant, l’URSS
se sépara et le bloc s’effondra, et la plupart des partenaires économiques
de l’île disparurent. Le gouvernement procéda donc au rationnement
des denrées et à des coupes dans les services, surtout dans les
activités culturelles mais aussi dans l’électricité. 100 000 employés
perdirent leur emploi suite à cet événement, mais ils reçurent tout
de même soixante pour cent de leur salaire. On procéda aussi à une réorganisation
de l’économie et des finances publiques, et on créa certaines taxes.
De plus, on trouva de nouveaux partenaires économiques, en échangeant
avec des pays capitalistes. Afin d’aider à la survie de la
population, on libéralisa l’économie, en permettant la création de
petites entreprises privées et en créant des unités basiques de
production coopérative, qui avaient pour but de rendre la population
plus autonome. 1Ainsi, en 1996, trente-trois pour cent des
terres appartenaient à l’état, quarante-deux aux unités basiques de
production coopérative, dix pour cent aux coopératives et quinze pour
cent à des producteurs privés. On encouragea ainsi la population
à se créer des emplois. Aussi, on autorisa la possession et la
circulation de devises étrangères. Ainsi, les Cubains recevant des
dons de l’étranger en monnaie étrangère pouvaient utiliser cet
argent.
Ces
mesures servirent à ralentir la décroissance économique et à rétablir
l’économie à long terme.
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1993 :
baisse de 34% comparé à 1989
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1994 :
hausse de 0,2%
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1995 :
hausse de 2,5%
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1996 :
hausse de 9,6% |
Aujourd’hui,
Cuba a une économie plus saine, diversifiée, et possède plusieurs
partenaires économiques. Malgré les agressions américaines toujours
présentes (voir l’embargo américain), plusieurs brigades et groupes
expriment leur support envers le gouvernement castriste, par l’envoi
de don ou par la venue de groupes d’échange.
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Histoire
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